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Juridique & acteurs

Prescription biennale : définition

La prescription biennale est le délai de 2 ans au-delà duquel toute action en justice liée à un contrat d'assurance devient impossible — pour l'assuré comme pour l'assureur (article L114-1 du Code des assurances). Le délai court à partir de l'événement qui fonde l'action (le refus de prise en charge, par exemple). Il peut être interrompu par une lettre recommandée, une expertise ou la saisine du médiateur.

C’est l’arme silencieuse des assureurs : laisser le temps passer. Chaque mois de « réexamen de votre dossier », chaque relance restée sans réponse rapproche votre droit d’agir de sa date d’expiration. Deux ans, c’est long — sauf quand on ne sait pas que le compteur tourne.

La règle et sa logique

L’article L114-1 du Code des assurances enferme toutes les actions nées du contrat d’assurance dans un délai de 2 ans — au lieu des 5 ans du droit commun. La logique : les preuves en matière d’assurance (état d’un véhicule, circonstances d’une panne) se dégradent vite ; le législateur a voulu des litiges tranchés rapidement.

Cette prescription joue dans les deux sens :

  • Vous → l’assureur : contester un refus, réclamer une indemnisation, contester un calcul.
  • L’assureur → vous : réclamer des cotisations impayées, agir en fausse déclaration.

Le point de départ : la subtilité qui piège

Le délai ne court pas depuis la panne, mais depuis l’événement qui fonde votre action :

Votre actionPoint de départ des 2 ans
Contester un refus de prise en chargeLa date du courrier de refus
Réclamer une indemnisation promise jamais verséeLa date à laquelle elle était due
Agir pour un sinistre jamais traitéLa date où vous avez eu connaissance du sinistre
Contester une résiliation abusive par l’assureurLa date de la résiliation

Le piège classique : le « dialogue » qui s’éternise. Réclamations, réexamens, promesses de rappel… Aucun de ces échanges n’interrompt la prescription. Seuls des actes précis le font.

Les 4 actes qui interrompent le délai

Quand la prescription est interrompue, un nouveau délai de 2 ans repart de zéro. Les actes interruptifs :

  1. La lettre recommandée avec AR adressée à l’assureur concernant le règlement de l’indemnité (article L114-2). Un simple email ou un appel ne suffit pas. C’est l’acte interruptif le plus simple : une mise en demeure en LRAR coûte 5 € et achète 2 ans.
  2. La désignation d’un expert à la suite du sinistre (y compris votre contre-expert).
  3. La saisine du médiateur : elle suspend la prescription pendant la médiation.
  4. La citation en justice, même en référé.

La stratégie pratique

Dès qu’un désaccord sérieux apparaît avec l’assureur, prenez deux habitudes : notez la date du refus (le point de départ) dans votre agenda avec une alerte à 18 mois ; et envoyez chaque réclamation importante en LRAR plutôt qu’en email — au prix du recommandé, chaque courrier devient un acte interruptif qui remet le compteur à zéro. Le temps cesse alors de jouer contre vous.

Questions fréquentes

Quand commence le délai de prescription de 2 ans ?

À compter de l'événement qui donne naissance à l'action : pour contester un refus de prise en charge, c'est la date du refus ; pour réclamer une indemnisation jamais versée, c'est la date à laquelle elle aurait dû l'être.

Comment interrompre la prescription biennale ?

Par une lettre recommandée avec AR adressée à l'assureur concernant le règlement du sinistre, par la désignation d'un expert, par la saisine du médiateur, ou par une citation en justice. Chaque interruption fait repartir un nouveau délai de 2 ans.

Que se passe-t-il si les 2 ans sont dépassés ?

L'action est prescrite : même avec un dossier solide, le tribunal la déclarera irrecevable. C'est définitif — d'où l'importance de surveiller ce délai dès le premier désaccord avec l'assureur.

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